LIVING ROOM 2 - Matali Crasset, Jean-François Moriceau & Petra Mrzyk
vernissage le 27 novembre à 18h, à la Maison Descartes
exposition du 27 novembre au 22 décembre
ouvert du lundi au jeudi de 10h à 18h, de 10h à 17h le vendredi

La Maison Descartes transformée pour Living Room 2

La Maison Descartes, à Amsterdam, invite le public à découvrir la nouvelle ambiance lounge et fantasque déployée dans ses locaux, à travers l’installation « Living room 2 » (du 27 novembre au 22 décembre) réalisée par la célèbre designer Matali Crasset en collaboration avec les artistes Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau.

Living Room 2 Tombant comme des grappes de raisin multicolores, deux grands lustres accueillent les visiteurs dans une lumière chatoyante. Au centre de la pièce, se trouve un Digitspace, un fauteuil composé de plusieurs éléments modulables à volonté. Imaginés par la designer française Matali Crasset, ces objets invitent à prendre possession des lieux. Qu’on se love sur le canapé ou qu’on s’amuse à en déplacer les diverses parties fait partie du jeu. « On ne se contente pas de s’approprier un objet, on en devient un opérateur », souligne la créatrice. L’installation « Living room 2 », présentée à la Maison Descartes (du 27 novembre au 22 décembre) propose une expérience à travers laquelle les sentiments de bien-être, de convivialité et de créativité sont émoustillés avec finesse. Autour du mobilier de la créatrice, les artistes Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau ont exécuté un large wall-painting qui envahit les murs d’un univers fantasmagorique en noir et blanc. Ici, les personnages hybrides se mélangent avec les héros issus de BD et de dessins animés ou des animaux munis d’armes à feu... Le monde dépeint en ombres chinoises par le duo de dessinateurs Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau offre une accumulation d’historiettes drôles et inquiétantes qui happent le regardeur dans l’imaginaire.

« Living room 2 » réfère à un premier salon réalisé par Matali Crasset dans le Lieu Commun, son agence de design inaugurée à Paris en 1998. On y trouve le timbre ludique et prospectif qui a fait de cette ancienne collaboratrice de Philippe Starck l’une des designers les plus en vogue sur la scène internationale. Matali Crasset s’attache à renouveler les codes du savoir-vivre quotidien en y insufflant une bonne dose de dynamisme. Femme d’action, elle a multiplié les projets cette année, parmi lesquels, le co-commissariat de la Biennale de design à Saint-Etienne (du 25 novembre au 3 décembre, en France) et l’aménagement du Stedelijk Museum à Bois-le-Duc, lequel présente une exposition personnelle de la designer (du 25 novembre au 25 février 2007). Attirée par les réalisations interdisciplinaires, elle développe de plus en plus les collaborations avec d’autres créateurs. Sa rencontre avec les artistes Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau au Salon du meuble de Paris, en janvier 2006, n’est donc pas un hasard.

Ce duo d’artistes, formé en 1999, a mené une activité prolifique dans tous les domaines de la création – publicité, publication de livres d’artistes et de multimédias, dont le clip Don’t be light du groupe Air – avant de percer dans le milieu des arts plastiques à un niveau international. Déclarant « faire l’amour avec les murs », ceux-ci ne fixent pas le dessin au cadre traditionnel de la feuille de papier et explorent tous les supports possibles : wall-painting, papier, image d’animation, installation. Rassemblant un bestiaire issu de la culture populaire, ils dépeignent une épopée du vécu contemporain, avec une verve critique teintée d’humour noir.

L’installation « Living room 2 » ressemble ainsi à une pièce théâtrale où les trois créateurs – Matali Crasset, Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau – immergent les visiteurs dans un univers étrangement surréaliste. Chaque chose – image et mobilier – s’animant, ils invitent à découvrir une esthétique de la synesthésie où « les mots, les couleurs et les sons se répondent » (Baudelaire)... envoûtant.

Le Stedelijk Museum, à Bois-le-Duc, invite à découvrir ses nouveaux intérieurs, dessinés par la designer Matali Crasset et présente, à cette occasion, une exposition personnelle de la créatrice « Spring Therapy » (du 25 novembre au 25 février 2007 - Magistratenlaan 100, 5223 MB Bois-le-Duc – mardi et jeudi : 13h00 – 21h00, mercredi et de vendredi à dimanche : 13h00 – 17h00).

Matali Crasset/ la Fraîch’attitude

Matali Crasset - Digitspace En une dizaine d’années, la française Matali Crasset s’est imposée parmi les designers les plus en vogue de la scène internationale. En 2002, le Mudam de Lausanne (Suisse) présente sa première rétrospective, accueillie en 2003 au Victoria and Albert Museum de Londres (Angleterre), puis au Grand Hornu (Belgique). Lauréate du prix “Créateur de l’année 2005” au Salon du meuble de Paris en janvier 2006, elle assure aujourd’hui le commissariat d’une des expositions présentées à la première édition de la Biennale de design, qui ouvre en novembre à Saint-Etienne (France).
Ayant collaboré avec de grands noms du design – l’italien Denis Santachiara en 1993, puis Philippe Starck de 1994 à 1998 – Matali Crasset se singularise par un design ludique et pragmatique, qui invite à « l’optimisme ». La créativité, le bien-être et la convivialité sont une ligne de conduite qu’affectionne particulièrement la designer, comme en témoigne le lit d’appoint Quand Jim monte à Paris, qui a remporté un vif succès en 1995. Muni d’une lampe de chevée et d’un réveil, celui-ci s’enroule en une colonne “d’hospitalité”, facile à ranger après la visite d’un ami. La designer aspire à définir un savoir vivre plutôt que de s’attacher au formalisme des objets. Depuis qu’elle a fondé l’agence de design le Lieu Commun, à Paris, en 1998, Matali Crasset excelle à renouveler les codes domestiques. Derrière des créations colorées et raffinées se profile le vitalisme d’une femme d’action bien décidée à bousculer les habitudes pantouflardes de la quotidienneté. “Je ne comprends pas comment font les gens qui restent 10 ans avec les mêmes objets, les familles changent” déclare t-elle. La designer veut susciter la mobilité et la créativité par le biais d’un mobilier qui s’adapte aux envies et caprices des usagers, au lieu de leur imposer une attitude. En 2003, elle dessine le Digitspace, un fauteuil composé de plusieurs éléments modulables à souhait. Pour les enfants, elle imagine le Permis de construire, un canapé qui se transforme en cabane. Comme elle l’explique: “On ne se contente pas de s’approprier un objet, on en devient un opérateur”.

La designer conçoit la vie sous un angle prospectif, où se multiplient les expériences. En 2003, elle aménage le Hi hôtel, à Nice, pour lequel elle imagine des ambiances plongées dans des teintes fluo, tandis que les espaces aérés et le moelleux du mobilier invite les visiteurs au repos. Aspirant à créer un environnement qui éveille les sens, la designer développe les collaborations avec d’autres créateurs, visant des réalisations interdisciplinaires. Durant la Fiac de 2005, à Paris, elle présente le DVD D_FUSE (éd. Art-Netart), qu’elle a créé avec le dj Jori Hulkkonen. La bande-son accompagne un défilé de couleurs élaboré par Matali Crasset, qui révèle certaines de ses productions sous la forme d’esquisses évanescentes. La designer a l’art d’être touche à tout : design graphique, mobilier, architecture d’intérieur, scénographie. Au Salon du meuble de Paris en 2006, elle travaille pour la première fois avec les artistes Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau. Forts de la réussite de cette collaboration, les trois créateurs réitèrent l’expérience à la Maison Descartes, à Amsterdam. Ici, Matali Crasset déploie l’un de ses Digitspace et deux lustres fastueux, réalisés pour l’occasion, au sein d’un wall painting d’une fantaisie burlesque exécuté par les dessinateurs. Quand « les mots, les couleurs et les sons se répondent » (Beaudelaire)… De plus en plus attirée par le charme incantatoire de la synesthésie, Matali Crasset décrit son dernier projet - l’aménagement du Stedelijk Museum à Bois-le-Duc – selon un principe organique, « comme une plante qui aurait poussé dans cet espace ».

Projets réalisés ou en cours en 2006 :

  • Salon du meuble de Paris, janvier 2006
  • « Diable au foyer », Salon du meuble de Milan, avril 2006
  • Exposition personnelle au National Design Museum, à New York, du 19 mai au 24 septembre 2006
  • Design de l’atelier de cuisine « Fraîch’Attitudes », à Paris, en octobre 2006
  • Aménagement du Stedelijk Museum à Bois-le-Duc (Pays-Bas) et exposition personnelle du 25 novembre 2006 au 25 février 2007
  • Exposition « Living room 2 » en collaboration avec les artistes Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, à la Maison Descartes, à Amsterdam, du 27 novembre au 22 décembre 2006
  • Commissariat d’une des expositions présentées à la première édition de la Biennale du design, à Saint-Etienne, du 25 novembre au 3 décembre 2006
  • Collaboration avec Pierre Hermé pour la conception d’un couteau Laguiole
  • Collaboration avec Guy Degrenne pour la conception d’une nouvelle collection de vaisselles

Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau / Le mythe contemporain

Moriceau & Mrzyk Les dessinateurs français Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau se démarquent par un savant coup de crayon mêlé à une bonne dose d’humour noir. Ce tandem, formé en 1999, a entretenu une activité prolifique dans tous les domaines de la création, avant de percer dans le milieu des arts plastiques à un niveau international. Ils se sont notamment révélés dans la publicité ou la publication de livres et de multimédias – tels les pochettes de disques et le clip Don’t be light réalisés pour le groupe Air. En 2001, ils se font remarquer au cours de l’exposition collective « Tir à l’arc », organisée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, en s’appropriant 1 km de mur avec leurs dessins. Sans privilégier un quelconque support – wall-painting, papier, livre d’artiste, dessin d’animation, installation – les artistes déboutent les tabous de la société sous le mode d’une fantaisie grivoise, drôle et inquiétante. Le tandem entretient aussi le goût de l’imprévisible. En témoigne leur récente exposition au Los Angeles County Museum of art (Etats-Unis), où ils effectuent un face-à-face avec des gravures du dessinateur belge aux mœurs très controversées, Félicien Rops (XIXe siècle).
L’inventaire des personnages, récupérés ou inventés, de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, reste impossible à dresser tant l’univers fantasmagorique qu’ils imaginent est vaste. Récoltant des images ou des anecdotes dans les médias, Internet, la BD ou leur quotidien, les artistes accumulent les historiettes humoristiques, sans chercher à formuler une histoire. Leurs dessins rassemblent ainsi pêle-mêle un bestiaire fantastique fait d’animaux armés de revolver, héros de BD et de dessins animées des années 1980, personnages en tenue SM, cibles vivantes... Il en résulte un tableau renversé du monde actuel – à l’image du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde – une cosmogonie glauque et sans concession, qui suscite une bouffée de rire décapante. Si les artistes assument une filiation avec les dessinateurs Virginie Barré ou Raymond Petitbon, le surréalisme n’en reste pas moins influent. Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau expliquent leur technique de réalisation : « On arrive toujours avec un story-board, une scénographie et un stock de dessins. Au bout du compte, ça se transforme en improvisation, c’est ce qu’il y a de plus excitant ». L’improvisation – ou l’automatisme selon André Breton – définit un langage de l’inconscient, où les images se juxtaposent comme dans un rêve. Les artistes ne se cloisonnent pas non plus dans leur imaginaire. Chaque réalisation est une occasion d’entamer un nouveau dialogue avec les spectateurs ou d’exprimer une critique. Pour l’exposition « Propaganda », présentée en 2003 à l’Espace Paul Ricard, à Paris, ils invitent les visiteurs à « faire l’amour avec les murs » par le biais d’un wall-painting presque invisible – couleur blanc brillant sur un mur blanc mat – qui force à ce qu’on se rapproche… Les messages glissés dans leurs dessins sont aussi piquants que drôles, tels « we want a new curator », ou « No money, no show », présenté lors d’une exposition à La Salle de bains, à Lyon, en 2003. Sous leur air gentillet, les dessins de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau dévoilent une épopée mythologique du vécu contemporain, avec une verve critique des plus pertinentes.