19 juin 1986 : décès de Coluche
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Coluche
Coluche
Coluche ou Michel Gérard Joseph Colucci de son vrai nom est né le 28 octobre 1944 à Paris.

Revendiquant sa grossièreté mais « sans jamais tomber dans la vulgarité » selon ses dires, l'humoriste a donné très rapidement par sa liberté d'expression un ton nouveau et critique dans le domaine du music-hall, en s'attaquant aux tabous, puis aux valeurs morales et politiques de la société contemporaine. Tour à tour provocateur ou agitateur par ses prises de positions sociales, il se présente à l'élection présidentielle de 1981 avant de se retirer. Finalement, très connu des médias, il fonde l'association Les Restos du Cœur, relais nourriciers des plus pauvres, quelques mois avant de mourir brutalement dans un accident de moto.

Jeunesse et début comique  

Jeune, Michel traîne à Montrouge, dans la banlieue sud de Paris, où avec ses copains, il prend goût à la musique. Les études ne le passionnent pas, et ne le mènent guère plus loin que le Certificat d'études primaires qu'il obtient en juin 1958. S'en suivent alors de nombreux petits boulots, qu'il n'arrive pas à garder bien longtemps.

En 1964 il est incorporé dans le 60e régiment d'infanterie de Lons-le-Saunier, où il fait de la prison pour insubordination.

À la fin des années 60, il décide de se lancer dans la musique. Il interprète entre 1966 et 1967, des chansons de Bobby Lapointe, Boris Vian, Georges Brassens, Léo Ferré ou encore Yves Montand, aux terrasses de cafés parisiens.

Café de la Gare

Avec Romain Bouteille, il est présent à l'origine du Café de la Gare, inauguré officiellement le 12 juin 1969, qui réunit une bande de jeunes comédiens dont beaucoup deviendront célèbres, tels que Patrick Dewaere, Henri Guybet, Miou-Miou, Gérard Depardieu, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Gérard Jugnot.

Son premier sketch, C'est l'histoire d'un mec, tourne en dérision la difficulté de raconter une histoire drôle. Ses sketches suivants lui valent rapidement un succès populaire qui ne se démentira plus. Il revendique sa grossièreté : « Toujours grossier, jamais vulgaire ».

Suite à ses problèmes d'alcool, qui le rendent exécrable voire violent, il se voit obligé de quitter la troupe en 1970.

Après la création en 1971 d'une nouvelle troupe, Au vrai chic parisien, il se lance dans une carrière solo en 1974.

Du 15 février au 2 mars 1974, il se produit à L'Olympia dans le spectacle Mes adieux au music-hall. C'est dans ce spectacle qu'apparaissent sa célèbre salopette à rayures bleues et son tee-shirt jaune. Il y met en scène ses personnages favoris : des beaufs grossiers, incapables de s'exprimer correctement et haineux.

Il apparaît pour la première fois à la télévision le 19 mai 1974, lorsque Guy Lux diffuse L'histoire d'un mec.

Du 24 avril 1978 au 24 juin 1979, il co-anime avec Robert Willar et Gérard Lanvin l'émission On n'est pas là pour se faire engueuler sur Europe 1, mais son ton provocateur le fait renvoyer. Passé à RMC en janvier 1980, il se fait également renvoyer après seulement douze jours d'antenne.

En plus de sa carrière de comique au théâtre, il joue à cette époque dans plusieurs comédies au cinéma, dont L'Aile ou la cuisse avec Louis de Funes en 1976.

Sa candidature aux élections présidentielles de 1981

Le 30 octobre 1980, il organise une conférence de presse où il annonce son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 1981. Certains y voient une blague, pourtant un sondage le crédite de 16 % d'intentions de vote. C'est la panique chez certains hommes politiques : les coups bas et menaces anonymes fusent ; suite à cela et à l'assassinat de son régisseur René Gorlin, il annonce son retrait en avril 1981.

Il divorce en décembre 1981 et sombre dans la dépression, l'alcool et la drogue.

Tchao Pantin et les Enfoirés

La consécration en tant qu'acteur vient avec le film Tchao Pantin (1983) de Claude Berri où il joue le rôle dramatique d'un pompiste meurtri, pas si différent de lui et pour lequel il obtient le César du meilleur acteur.

Plus qu'un homme qui veut faire rire, Coluche veut être un agitateur d'idées. Le 15 juin 1985, il anime avec Guy Bedos le concert de SOS Racisme place de la Concorde. Le 25 septembre 1985, il organise un gigantesque canular gratuit : les télévisions et la France entière peuvent assister au mariage de Coluche et de Thierry Le Luron, « pour le meilleur et pour le rire ». Une provocation avant-gardiste autour du mariage homosexuel.

Le 26 septembre 1985 il lance l'idée des Restos du Cœur sur Europe 1, en déclarant : « J'ai une petite idée comme ça, si des fois y a des marques qui m'entendent, je ferai un peu de pub tous les jours. Si y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on pourrait commencer par faire à Paris. ». Le projet sera à l'origine d'une loi (dite « Loi Coluche »), votée en 1988, qui permet à un donateur de déduire une partie de son don de ses impôts.

Mort accidentelle

Le 19 juin 1986, sur le trajet à moto qui le ramène de Cannes à Opio, il percute un camion. Les circonstances entourant cet accident entraîneront plusieurs rumeurs et même la thèse d'un assassinat.

Il est enterré le mardi 24 juin au cimetière de Montrouge.

Tour à tour admiré, craint, dénigré, Coluche s'est posé comme le provocateur des années 1980. Il a su donner un nouveau visage à la télévision : plus de décontraction, les mots grossiers y étaient devenus chose courante. Son humour, ses mots et sa générosité lui survivent et font de lui un personnage encore actuel.

 
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